Entretien avec Barnabé Mons (Chanteur du groupe Sheetah et les Weissmüller)

janvier 2, 2013 dans Interviews, Les articles de Barth, Magazine par Barth

Source : scenedunord.fr / Photo de Saiiimon

Source : scenedunord.fr / Photo de Saiiimon

Sheetah et les Weissmuller fait partie de ces groupes francophones qui nous rappellent qu’il est encore possible de faire de la pop en français avec brio. Pratiquant un revival 60′s psychédélique le groupe nous transporte tout droit à l’époque des « yéyés » avec une justesse et une innocence non dénuées de charme.  Barnabé Mons, chanteur du groupe, nous parle du succès de Sheetah en dehors des frontières de l’hexagone, de ses  influences et de ses goûts personnels. Enfin comme le veut la tradition chez le Buffet Playlist, ce dernier nous à également concocté une petite playlist qui devrait prolonger notre voyage temporel.

 

Pourriez vous présenter le groupe aux lecteurs qui ne vous connaissent pas ?

Sheetah et les Weissmüller est un groupe de 60′s psychédélique garage francophone aux prestations scéniques sauvages et fun.

Quelle est l’actualité du groupe en cette fin d’année 2012 ?

Néant, c’est les vacances

Dans une interview pour albumrock.net vous aviez déclaré que vous étiez diffusé essentiellement sur des radio anglo-saxonnes (radios étudiantes US, la BBC) ou nordiques. Est-ce toujours le cas ? Comment l’expliqueriez-vous ?

Nous sommes en effet beaucoup plus diffusés à l’étranger que dans notre propre (?) pays. Je pense que les français ont honte de leur langage, spécialement dans  le domaine du rock tandis que les étrangers apprécient le doux exotisme qui se dégage de notre pop. Il serait stupide et vain de se mesurer aux rockers anglais ou américains : ils font la pop anglo-saxonne mieux que quiconque. Mieux vaut assumer nos différences plutôt que de copier nos disques préférés. De toutes façons, les intentions passent le filtre du sens des mots : l’authenticité s’entend quelle que soit la langue utilisée.

Dans cette même interview vous déclarez apprécier le groupe  Stupéflip, ce qui a de quoi surprendre (surprenant, étant donné le décalage musical entre les deux groupes), qu’est-ce qui vous plaît chez ce groupe ?

Ce qui nous plaît chez Stupéflip c’est la puissance d’un univers sans concessions, plein de trouvailles textuelles et de révolte enfantine, une violence drôle et menaçante à la fois. Ce groupe habite un esprit, la promesse d’un mode de vie nouveau et c’est précisément ce que je recherche quand je pose un disque sur la platine.

N’est-il pas rageant d’être moins reconnu dans votre pays qu’à l’étranger ?

Non non. Effectivement il est toujours amusant de constater que l’on est traités comme des saltimbanques en France et comme des artistes à l’étranger, mais j’imagine que c’est souvent le cas.

Pourquoi avoir choisi de chanter en français ? Et comment expliqueriez-vous le choix de nombreux groupes français de chanter en anglais alors que les Anglo-Saxons nous envient souvent la richesse de notre langue ?

J’ai choisi de chanter en français car c’est la langue dans laquelle je m’exprime le mieux. Je peux écrire et chanter en anglais mais à mon avis je serai toujours moins convaincant dans ce domaine qu’un authentique anglophone. Chanter en français engage un jeu avec les mots : on ne peut plus les considérer comme de simples sons dépourvus de sens. Il faut donc être plus malin, moins trouillard que quand on chante « Oh yeah, my baby left me« . Il semble que les rockers français, obsédés à raison par la culture rock des USA ou de l’Angleterre, ne tentent qu’un défi : égaler leurs idoles. C’est idiot et prétentieux, nous petits frenchies ne pourrons jamais rivaliser sur le terrain de jeu des anglophones. Comment chanter Londres ou New York quand on n’y connait rien ? Ironiquement, il semble que l’oreille des rockers anglophones soit plus attirée par nos spécificités françaises que par les suiveurs du hit parade US. Vince Taylor a chanté Piaf (L’homme à la moto), Sinatra, Tom Jones, Paul Anka ou Sid Vicious ont repris Claude François (My Way), Sonny and Cher, Elvis Presley, Aretha Franklin ont chanté Bécaud (Et maintenant / What Now My Love), Scott Walker a emprunté plein de titres à Jacques Brel… on constate que la chanson française titille les anglophones. Notre Rock’n'roll se planque derrière des chansons et des interprètes quasi insoupçonnables pour un français de souche.

Mais qui est donc cette « Suzanne » ?

Suzanne est la femme qui se fait désirer… le texte m’est venu le lendemain d’une défaite sexuelle, ça arrive…

Je rêve ou il y a une forte influence Eddy Mitchell dans la chanson « Elle n’aime qu’elle même » ?

Eh bien j’avoue une grande admiration pour Eddy et son écriture toujours drôle, pop et romantique. C’est le premier mec à banane que j’ai découvert : ma mère possédait un disque de la période 66-67 que j’adore toujours. Alors évidemment je suis un peu influencé par son style, mais pour « Elle n’aime qu’elle même » je n’ai pas du tout pensé à lui.

Envisagez-vous à l’avenir de vous éloigner du style sixties pour expérimenter d’autres choses ?

A l’heure actuelle je ne peux rien dire sur la suite de nos aventures. Tout est possible, rien n’est obligatoire…

Avez-vous des projets parallèles à Sheetah et les Weissmüller ?

Oui, je chante dans Gentlemen’s Agreement, un groupe de covers mod-sixties avec des gars du sud et un italien (un album sur Soundflat et un concert au Cosmic Trip pour 2013), j’ai fait un featuring sur un disque du groupe Pony Taylor, je bricole avec des copains régulièrement pour le meilleur et pour le pire…

Si vous deviez choisir un seul vinyle à sauver dans votre collection ce serait lequel (question difficile je sais) ?

Hahaha ! Tu demandes ça à un vinyl-junkie !! J’ai 4000 disques donc ce serait vraiment dur de choisir. Cette année j’ai été très impressionné par l’album de The City, le groupe de Carol King de la fin des sixties… de la pop hein, mais de la super bonne !

Qu’est ce que l’on peut vous souhaiter pour 2013 ?

On peut espérer un nouvel album de Sheetah et les Weissmüller, des concerts dans toute l’Europe, quelques clips et des centaines de groupies en délire.

 Propos recueillis par mail.

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Barth

Rédacteur en chef
Passionné de musique progressive et de films de série B, j’ai des goûts musicaux variés et souvent douteux, mais je les assume pleinement et n’hésite jamais à les insérer dans mes playlist, au grand dam des lecteurs.

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