[Interview] Lescop « Il y a les bonnes et les mauvaises chansons, c’est tout… »

De passage au Marché Gare nous avons eu l’occasion de rencontrer Lescop, le temps d’une petite interview. Le sachant victime d’une étiquette new wave qu’il n’aime pas beaucoup, nous avons évité les sujets qui fâchent pour discuter finalement, de tout et de rien. Fan de rap et ancien membre du groupe de rock Asyl, Lescop n’appartient à aucune catégorie et ne se sent pas prisionnier des limites d’un genre. Rencontre avec l’un des artistes les plus prometteurs de la nouvelle scène française. 

Tu as déclaré dans une interview pour l’Express qu’à une certaine période tu n’écoutais que du rap, penses-tu comme Jean Felzine que les chanteurs de variété devraient s’inspirer des rappeurs dans l’utilisation de la langue française (plus de vocabulaire, plus d’outils stylistiques…) ?

 En partie oui mais pas que…Disons que c’est un peu comme ce que dit Booba dans l’album Panthéon : pourquoi les rappeurs sont-ils toujours en dehors de la reconnaissance publique ? C’est bête tu vois; c’est dû à leur accent et à leur façon de parler qui pour certaines personnes sont assimilés à une agression alors que finalement ce n’est pas toujours le cas.

Mais il est vrai que le vocabulaire est pauvre dans la variété française d‘aujourd’hui alors que ce n’est pas le cas dans le rap…

Dans le rap il y a plein d’expressions idiomatiques, c’est un autre dictionnaire, tu peux mettre les mots à l’endroit, à l’envers. En fait le problème n’est pas tant d’imiter les rappeurs; ce qui s’est oublié dans la variété, c’est la punchline. T’écoutes Piaf, Brel, Léo Ferré c’est bourré de punchlines. La punchline c’est pas forcément du clash ou de l’insulte, Piaf par exemple quand elle chante « Non Rien de rien, je ne regrette rien » c’est une punchline, tout de suite tu sais de quoi la chanson va parler, tu sais où tu es. La première phrase est souvent la plus importante d’une chanson. Quand Booba commence par « J’dois marquer mon territoire, on veut m’empêcher de pisser   » tu sais où t’es.

Et à part Booba t’écoutais qui ? 

Despo Rutti, 400 Hyènes c’est pas mal aussi, Alpha 5.20 ça lui arrive d’avoir de bonnes sorties. Mais Booba reste pour moi le meilleur en terme de lyrics, en prod’ peut être pas mais en lyrics c’est le meilleur.

Asyl était un groupe de Rock, avec Lescop tu as plus ou moins changé de cap, es-tu dans un mouvement qui te pousse en permanence à te renouveler ?

Je sais pas, c’est pour ça que ça m’agace quand on me parle de New Wave, Cold Wave, de Rap ou autres… Il y a les bonnes et les mauvaises chansons, c’est tout…

C’est ce que disait Polnareff….

Oui. C’est simple quand il y a une bonne chanson, tu la joues. D’ailleurs Polnareff c’est un mec qui musicalement était vachement touche-à-tout. Entre Ta-Ta-Ta-Ta, La Poupée Qui Fait Non ou Lettre à France tu as un éventail hyper large. Quand il avait une bonne chanson, il ne pinaillait pas, il la jouait.

Un peu comme Metronomy qui a beaucoup évolué en trois albums ?

Oui parce-qu’au final ce qui compte c’est les chansons. Je ne peux pas te dire de quoi sera fait mon prochain album. Mais pourquoi pas un concept radical, ça peut être intéressant.

Entre  la chanson France Culture (Arnaud Fleurent-Didier) et le Pantalon (Mustang) laquelle te parle le plus ?

Celle qui me parle plus ou celle qui me plaît le plus ?

Les deux…

Ni l’une ni l’autre ne sont mes préférées dans le répertoire des deux artistes, mais je pense que ce sont deux chansons très similaires, elles ont toutes les deux ce côté un peu provoc’  où l‘on ne dit pas ce que les gens attendent, mais un truc un peu irritant. Dans Le Pantalon c’est un jeune de droite un peu agaçant et dans France Culture il y a des phrases dérangeantes comme « Ma mère disait que les noirs sentaient elle n’aimait pas les odeurs« . Mais les deux chansons sont biens parce qu’elles dérangent et en même temps il y a une part de sincérité dedans je pense. Mais après je ne me reconnais pas dans ces deux chansons.

Qui sont les musiciens qui t’accompagnent sur scène ?

Antoine c’était déjà mon bassiste dans Asyl, Cedric c’est un guitariste qui a joué avec pas mal de gens et Gael Etienne était multi-instrumentiste sur l’album; il nous rejoint en janvier.

Dans une interview pour Gonzai tu as déclaré que la musique ce n’est pas un truc « pas trop mal » qu ‘on ecoute comme ça mais quelque chose qui devait changer ta vie. Je suis obligé de te demander : quel est l’album qui a changé ta vie ?

Y en a plein, Cherished Memories  de Eddie Cochran, le premier album des Doors, Ziggy Stardust de David Bowie, Electric Warrior de T-Rex, Nevermind The Bollocks, Nevermind et Temps Mort de Booba.

As-tu retravaillé tes chansons pour le live ou l’album était-il déjà pensé dans ce sens ?

En l’écrivant, je savais déjà à peu près ce que je pourrais en faire en live, mais oui c’est un peu retravaillé, il y a plus de guitares par exemple…

Tu laisses une part d’improvisation en concert ou pas ?

Non pas sur scène, c’est pas le bon endroit. Selon moi, en répète ça peut être intéressant, mais en live je veux offrir un vrai spectacle. J’étais comédien avant et  quand t’as un texte, tu le suis.

 

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A propos Barth
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