[Interview] Square Tune Magician « j’aime toucher la nostalgie des gens »

Faire danser sur des samples de Dragon Ball, Ken le Survivant ou encore Il Était Une Fois La Vie, voilà en bref à quoi se résume la musique de Square Tune Magician. Nous l’avons rencontré à Clermont-Ferrand lors de la soirée de présentation de la Japan Event.

Est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ?

Je suis Square Tune Magician, je fais de la musique électro à base de samples de jeux vidéos et d’animés, tout ce qui a un rapport avec la culture geek finalement. Je suis plus orienté dans les années de ma génération (80-90), le but étant de faire de la musique de club, de faire danser les gens même s’ils ne connaissent pas forcément les samples que j’utilise dans mes productions. J’aime aussi toucher la nostalgie des gens.

Pourtant les personnes étiquetées « geeks » ne vont pas trop en club, et ceux qui vont en club ont rarement une culture geek ?

Je concilie les deux, et ça marche plutôt pas mal puisque  j’ai un public qui ne va pas forcément en club mais qui vient à mes concerts, et d’autres qui ne connaissent pas vraiment la chiptune mais qui viennent  parce qu’ils trouvent que ça bouge bien.

Comment as-tu commencé ?

Le 8 bits c’est ma base, j’ai commencé à faire de la musique sur Atari ST avec des trackers. Quand j’étais petit j’écoutais de la musique d’Atari. J’adore la chiptune mais au niveau des sonorités j’essaie toujours de mélanger ça avec un côté club. Je ne veux pas rester 100% chiptune parce que je trouve ça trop élitiste, et ça ne touche que les gens qui sont à fond là-dedans, j’essaie de faire en sorte que tout le monde s’y retrouve. D’un autre côté j’aimerais pouvoir  faire uniquement de la chiptune mais je pense qu’il faut être vraiment balèze pour y arriver. En plus c’est une musique qui ne se fait  qu’avec du hardware alors que moi, je suis vraiment axé software avec juste un ordinateur plein de VST, j’utilise pas vraiment de Gameboy ou de trucs comme ça.

Comment peut-on trouver ton travail ?

Pour l’instant que sous forme dématérialisée, pour la plupart c’est du freedownload sur Souncloud, et sur mon site internet où je vais refaire un nouvel EP gratuit, et y a le TGS (Toulouse Game Show) qui va me presser 500 cd pour décembre.

Est-ce que tu as des problèmes de droit, puisque tu samples beaucoup ?

Non car je ne les vends pas et ils ne sont pas tous pas super connus, et puis c’est tellement remanié que ça passe. C’est aussi pour ça que je ne veux pas les vendre, je n’ai pas vraiment envie de me prendre la tête par rapport à ça, donc je préfère les donner gratuitement et  recevoir des dons par rapport à ma  prestation sur scène, c’est pour ça que je fais tout gratuit ; ce qui m’intéresse vraiment c’est de faire des concerts à droite à gauche.

Mais ça risque pas de te bloquer dans ton avancée de ne jamais pouvoir vendre ?

Non parce que je ne suis vraiment pas dans une logique commerciale, ce n’est pas l’intérêt je pense. Si je dois gagner de l’argent ce sera surtout avec les concerts plutôt qu’avec la vente de mes CDs, et puis aujourd’hui très peu de gens gagnent vraiment de l’argent avec uniquement la vente de CDs.

C’est ton activité principale la musique ?

Non pas du tout, je fais de la vidéo à la base, du graphisme, du web design et également du sound design, j’ai bossé aussi dans le jeu vidéo en tant que game designer, sound designer, mais ce sont deux mondes très connectés.

Est-ce que ça te gêne cette étiquette de DJ « Geek » ?

Non pas du tout moi ça me va bien, après je suis plus un nerd qu’un geek (rire).

Je te demande ça parce que le terme geek est souvent utilisé voir galvaudé de nos jours…

Pour moi les vrais geeks se sont ceux des années 80-90 et à partir des années 2000 le terme a complètement perdu son sens, certes il y en a qui peuvent se revendiquer de ce monde-là, mais les vrais sont ceux qui ont touché de l’Atari ST et de l’Amiga, ce sont les pionniers de l’ordinateur et de la console.

Comment t’est venue l’idée de remixer des morceaux typés culture geek ?

A la base moi je voulais remixer des morceaux de chiptune, d’Atari et tout ça, et petit à petit je suis parti dans des trucs un peu plus actuels de Nes, Snes, Megadrive, c’est venu naturellement en fait. Je n’ai pas fait beaucoup d’Atari,  je les garde un peu pour moi parce-que ce n’est pas très connu alors que quand tu remixes Mario ben voila tout le monde connait. Je préfère faire des trucs un peu plus connus pour toucher plus de monde pour ne pas que ma musique reste  un truc super underground, mais j’essaye aussi de faire des choses que les gens n’attendent pas forcément. Par exemple je suis en train de faire une musique de F-Zero, les gens attendent Mute City ou Big Blue mais je ne vais pas du tout faire celles-ci.

Des artistes qui t’ont inspiré ?

J’aurais du mal à te citer quelqu’un en particulier, j’écoute vraiment de tout mais je n’ai pas vraiment une source d’inspiration particulière.

Dans son dernier clip  Booba  parle de kamehameha et porte les pompes de Marty Mc Fly, qu’est que ça t’inspire qu’un mec étiqueté « street » comme Booba utilise ces références ?

Booba à la base c’est pas un mec « badass », c’est un gars de bonne famille qui a joué aux jeux vidéo comme nous quand il était petit. En plus Dragon ball, Retour Vers le Futur c’est des trucs universels faut pas forcément être un geek pour avoir ces références-là.

Ton premier choc musical ?

Le son de l’Atari

Premier choc geek ?

Akira, premier film d’animé Japonais qui est passé à la TV française, il y a aussi  Macross Plus, sans parler de tout ce qui passé sur le club Dorothé, Nicky Larson, Ken le survivant…

 

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A propos Burnain
Burnain, Monsieur Burnain pour les vrais. Globetrotter, journaliste et néanmoins enculeur de maman. J’aime parler de ce que j’aime pour le sublimer et te guider sur le chemin de la sagesse.

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