[Playlist] # Pop, Garage & Psychédélisme Péruvien

A l’image de la quasi totalité du continent Sud-Americain, le Pérou fut profondément  touché par la vague Rock’n’roll qui déferla sur la planète à la fin des années 50, puis par le Merseybeat et la Surf musique des années 60. Si les proches voisins brésiliens avaient par exemple, fait le choix d’intellectualiser ces nouvelles sonorités au profit de la contestation du régime militaire en place, le parti pris par les artistes péruviens fut à l’inverse d’en faire un outil de divertissement à l’instar des groupes de pop anglo-saxons de la même époque.

Avant ce grand bouleversement provoqué entre autre par le Rock fougueux du King et l’efficacité imparable de la pop des Fabs Fous, c’est la Cumbia, musique d’origine colombienne mêlant sonorités africaines et musique latine, qui est en vogue au Pérou. Mais sous forte influence musicale anglo-saxonne l’accordéon colombien qui prédomine alors, se voit remplacé par les guitares électriques qui offrent aux jeu des musiciens péruviens des teintes de surf et de psychédélisme qui ne tarderont pas à galvaniser les populations locales. Mutation faite, la Cumbia dite « Péruvienne » prend le nom de Chicha (boisson) et opère une fusion unique des genres s’affirmant comme un courant à part entière et explorant une large gamme de registres, allant du Garage (Los Saicos) au Surf (Los York’s) en passant par le Psychédélisme (Los Shains) et le Rock progressif (Tarkus)

L’effervescence se propage rapidement à travers le pays et la Chicha des  plaines de l’est du pays débarque dans les villes, où le choque avec la bourgeoisie locale se fait brutal. Si la haute société n’approuve que très peu cette nouvelle musique venue du bas-peuple, il en va de même du dictateur Juan Velasco Alvarado (arrivé au pouvoir en 1968) qui voit d’un mauvais œil cette mode lui préférant la Salsa et la Criolla traditionnelle. Le pouvoir en place conjugue alors ses efforts afin d’en limiter l’impact, opérant une censure médiatique radicale, interdisant un certain nombre de représentation et empêchant les albums de sortir. Le diktat culturel imposé obtient vite ses premiers résultat et la Chicha pourtant très apprécié des classes moyennes perds du terrain dans les esprits jusqu’à tomber en désuétude. Une décennie passera avant qu’un revival progressif voit le jour au début des années 80 et remette l’ex Cumbia péruvienne au goût du jour et réussisse à s’exporter au-delà des frontières Sud-Americaines. Mais ça c’est une autre histoire…

Les titres qui composent cette playlist oscillent entre pop, psychédélisme et garage et offrent un large éventail de la diversité musicale du Rock péruvien de la fin des années soixante au début des années soixante-dix. 

  

  • Come On (Ven Aqui) – Los Saicos
  • Que Chola Tan Rica – Los Destellos
  • Pronto Un Doctor – Los York’s
  • America – Traffic Sound
  • Carry On Till Tomorow – We All Together
  • Summertime – Los Chains
  • Happy – Telegraph Avenue
  • Mammy Blue – Jean Paul El Troglodita
  • The Sandman (rehearsal) – Laghonia
  • Pasion Oriental – Los Destellos
  • Marta Ya Esta – Tarkus
  • Last Song – Traffic Sound


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A propos Barth
Passionné de musique en tout genre , ce site n'est qu'un prétexte pour archiver et partager les choses que j'aime.

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